« et plus la pauvreté descend vers le sud plus le pauvre jure sexuel, voire religieux, voire les deux ensemble, mais naturellement pour ainsi dire, parce qu'il ne t'a pas rencontré pour lui faire observer que c'est mal, tiens, rien que dans mon enfance, “Pute vierge !” disaient les pauvres de mon village, ils n'arrêtaient pas de dire “Pute vierge !”, “porca madona”, des pauvres venus du grand Sud italien, et pourtant ils n'en voulaient ni à la putain du samedi soir ni à la Vierge Marie du dimanche matin, c'était façon de parler, quand ils se donnaient un coup de marteau sur l'index, et hop, un petit oxymore : “Pute vierge !”... Savais-tu que les pauvres pratiquent l'oxymoron ? Eh bien si ! C'est un point commun entre nous, dis donc ! Nous le stylo, eux le marteau, mais nous ensemble l'oxymoron ! Encourageant, non ? » Daniel Pennac - Chagrin d'école

 « et plus la pauvreté descend vers le sud plus le pauvre jure sexuel, voire religieux, voire les deux ensemble, mais naturellement pour ainsi dire, parce qu'il ne t'a pas rencontré pour lui faire observer que c'est mal, tiens, rien que dans mon enfance, “Pute vierge !” disaient les pauvres de mon village, ils n'arrêtaient pas de dire “Pute vierge !”, “porca madona”, des pauvres venus du grand Sud italien, et pourtant ils n'en voulaient ni à la putain du samedi soir ni à la Vierge Marie du dimanche matin, c'était façon de parler, quand ils se donnaient un coup de marteau sur l'index, et hop, un petit oxymore : “Pute vierge !”... Savais-tu que les pauvres pratiquent l'oxymoron ? Eh bien si ! C'est un point commun entre nous, dis donc ! Nous le stylo, eux le marteau, mais nous ensemble l'oxymoron ! Encourageant, non ? » Daniel Pennac - Chagrin d'école
Camille crachait la fumée de sa clope dans les rues embrumées de Londres. C'était la fin de l'automne, la température chutait progressivement, de jour en jour. Le jeune homme tremblait comme une feuille, emmitouflé dans son trench-coat, le nez fourré dans une écharpe en vraie laine, tu sais, celle qu'on viens récupérer sur le dos des moutons, tu dois pas connaitre. Il sautilla d'un pied sur l'autre. Il aimait bien les nouvelles baskets qu'il s'était achetées. Des nike, montantes, jusqu'aux chevilles. Daniel Pennac n'aurait pas aimé l'entendre penser "j'aime bien mes nouvelles nikes" mais en l'occurrence, il était en train de crever de froid dehors en attendant le bassiste de son groupe, alors l'avis de Daniel Pennac il s'en branlait un peu. Mais juste un peu, Mr. Pennac, si vous passez ici, ne le prenez pas mal, il vous aime bien, Camille. Or donc, le jeune homme regrettait de ne pas avoir inventé le pantalon-doudoune, même si c'est beaucoup moins sexy qu'un jeans slim. De toute façon, ça n'aurait rien changé à l'état du jeune homme, s'il tremblait c'était pas vraiment à cause du froid. À dix-huit ans il était allé voir le médecin qui lui prescrivait des médocs et tout un tas de traitements affreux et il lui avait dit "écoutez, de toute façon j'y survivrais pas à cette foutue leucémie, alors si je dois crever, autant crever avec des cheveux sur la tête". Et il était parti. En Asie, d'abord. Il avait sillonné presque tout le continent, s'était installé pendant deux mois au Japon. Maintenant il habitait à Londres depuis six mois. Et il n'était toujours pas mort. Il trouvait ça drôle, il disait en rigolant que ce serait un peu la honte de pas mourir à cause de cette maladie alors qu'il l'avait dit d'une façon si catégorique à son médecin.
Il avait des crises d'angoisse, souvent. Il vomissait de la bile, parce qu'il ne mangeait pas grand-chose. Et en plus, il fumait et buvait comme trente hommes adeptes des tournées de bars. Mais il n'était pas mort. En tout cas, il avait décidé qu'il crèverait avec des cheveux sur la tête et une connaissance du monde assez importante pour gagner dix émissions de Questions pour un champion. Il avait essayé la totalité des drogues en vente, "pour voir", avait lu Le Petit Larousse en entier, créé un groupe de rock qui se faisait son petit succès –même s'ils devaient souvent annuler des concerts à cause de ses malaises multiples– il avait recueilli un chat abandonné, compté le nombre de fourmis dans la fourmilière du jardin de ses parents, été vendeur dans un sex shop, acteur porno pour arrondir ses fins de mois, il avait fumé une clope avec le nez, vomi sur le Président de la République français et lu Les Misérables en trois jours, sans s'endormir une seule fois. Le seul truc qu'il n'avait pas fait c'était de s'attacher à quelqu'un, ou laisser quelqu'un s'attacher à lui. Sa vie était en sursis continu, mais pour l'instant c'était plutôt "reste ici, t'es pas fait pour la mort", il pouvait quand même quitter ce monde d'un instant à l'autre. Camille frissonna de nouveau. Il avait toujours détesté les euphémismes. Un bien joli mot pour cacher la vérité, s'interdire de faire face à la vie et à la mort, surtout.
Il ne contrôlait plus les tremblements de son corps. Mais bordel de fuck, qu'est-ce qu'il foutait, Dave ?
Le jeune homme rejeta quelques mèches brunes qui lui tombaient dans ses yeux d'un bleu intense, d'un bleu de noyade, de calme avant la tempête. Il se laissa lentement glisser le long du mur auquel il s'adossait, posa sa guitare à côté de lui précautionneusement, replia ses longues jambes contre son torse, rentra sa tête dans ses épaules et se recroquevilla le plus possible.
Si ça se trouve, c'est aujourd'hui que Camille meurt.



Plus sérieusement, aujourd'hui on m'a écrit que j'étais moche et on m'a traitée de visual pouffe. C'est la magie du net ! 8D
J'aime les fraises et les marshmallows. Je suis la seule et unique Berry en sucre rose à paillettes de cette planète & conséquemment j'appartiens à Louise <3 J'aime les clichés et autres stéréotypes mais à petites doses, merci. J'adore les veines qui ressortent sur les bras des garçons ainsi que les jolis sourires et les yeux bleus. Je suis presque capable d'avoir un orgasme rien qu'en regardant ou en touchant une main. Mes cheveux sentent la vanille fruitée. Je trouve ce jeune homme sublime.
Je suis amoureuse d'un garçon à qui je n'ai pas adressé la parole depuis presque un an.
Ma vie serait magnifique si je n'étais dotée d'une timidité maladive & d'une paranoïa latente.
Post-Scriptum : Mon Dieu est ce weirdos.


picture & text by me
# Posté le samedi 10 mai 2008 16:44
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 05:35

« In the middle of a gun fight, in the center of a restaurant, they say : 'Come with your arms raised high !' Well, they're never gonna get me, like a bullet through a flock of doves. To wage this war against your faith in me, your life will never be the same. On your mother's eyes, say a prayer say a prayer ! » My Chemical Romance - You Know What They Do To Guys Like Us In Prison

 « In the middle of a gun fight, in the center of a restaurant, they say : 'Come with your arms raised high !' Well, they're never gonna get me, like a bullet through a flock of doves. To wage this war against your faith in me, your life will never be the same. On your mother's eyes, say a prayer say a prayer ! » My Chemical Romance - You Know What They Do To Guys Like Us In Prison
Je vis d'illusions. C'est malsain.
Vous m'oubliez bien trop. Je vous hais.
Quand je marche dans la rue, pour aller au lycée, j'ai toujours neuf chances sur dix de me retrouver pile derrière la seule meuf qui fume de tous les lycéens prenant le même chemin. Bien sûr, pas moyen de dépasser, et quand bien même j'y arrive, le vent tourne et j'me prend tout dans les cheveux. La "chance" restante, en général c'est un couple bien dégueu qui me donne envie de pleurer de frustration.
Je me rends compte que je ne sais écrire que des présentations de personnage. J'aime ça, inventer des personnages, vous les présenter tout en vous cachant des choses. Je n'aime pas développer, inventer une histoire présente autour d'eux, je ne tiens pas le coup. Peut-être que je devrais simplement faire un recueil de présentations de personnages. Ça peut être drôle. Ou pas.
HEY ! ÇA VOUS INTÉRESSE VRAIMENT ? J'CROIS PAS NON.
(Morgy, c'est kifkifbourricot)
My Chemical Romance me rend sourde à la vie extérieure. Because they're worth it 8D
L'article précédent était mon élan d'inspiration du mois, désolée de vous infliger ceci.
Mon bras est tatoué de signes psychédéliques qui ne signifient presque rien. Seeking for poetry.


I LIVE FOR THOSE GUYS, AND SOME OTHERS♪
17.12.2006 kagerou (au Bataclan) R.I.P
19.06.2007 My Chemical Romance (au Zénith)
08.02.2008 30 SECONDS TO MARS (au Zénith)
24.03.2008 Antic Cafe (à la Loco)
30.06.2008 les dorians & JEX & The Sleepwalkers (au Gibus)
pas trouvé de vidéo potable pour les autres .__.

Ma meilleure amie est allée voir Placebo en live SANS MOI, cette pute !


picture & text by me
# Posté le jeudi 15 mai 2008 13:35
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 05:51

« 'You are here to learn the subtle science and exact art of potion-making,' he began. He spoke in barely more than a whisper, but they caught every word - like professor McGonagall, Snape had the gift of keeping a class silent without effort. 'As there is little foolish wand-waving here, many of you will hardly believe this is magic. I don't expect you will really understand the beauty of the softly simmering cauldron with its shimmering fumes, the delicate power of liquids that creep through human veins, bewitching the mind, ensnaring the senses... I can teach you how to bottle fame, brew glory, even stopper death - if you aren't as big as bunch of dunderheads as I usually have to teach.' » J. K. Rowling - Harry Potter and the Philosopher's Stone

 « 'You are here to learn the subtle science and exact art of potion-making,' he began. He spoke in barely more than a whisper, but they caught every word - like professor McGonagall, Snape had the gift of keeping a class silent without effort. 'As there is little foolish wand-waving here, many of you will hardly believe this is magic. I don't expect you will really understand the beauty of the softly simmering cauldron with its shimmering fumes, the delicate power of liquids that creep through human veins, bewitching the mind, ensnaring the senses... I can teach you how to bottle fame, brew glory, even stopper death - if you aren't as big as bunch of dunderheads as I usually have to teach.' » J. K. Rowling - Harry Potter and the Philosopher's Stone
Camille se meurt. En compagnie de son appareil photo. Encore une fois.
Camille aime bien se mourir, défier la mort, lui faire un pied de nez, non tu ne m'auras pas, pas cette fois-ci, et sûrement pas non plus la fois prochaine.
Il prend des photos dans le Bronx. Sur un coup de tête il est parti de Londres, sans prévenir personne, pas même Louise, avec une valise remplie du strict minimum et un vieil appareil photo argentique en noir et blanc qu'il avait chopé sur un marché aux puces et appris à maîtriser avec un vieux monsieur qui habitait dans l'appartement en dessous du sien.
Il est dans le Bronx et y'a du sang qui dégouline de son nez, il en crache régulièrement par la bouche, dans une toux entre rires et larmes. Mais il leur a tous pété la gueule, à ces enfoirés. Il ne sait pas qui c'était mais quand il leur a balancé son mégot pas encore éteint dessus tout en criant "YOU BIATCHES, COME DANCE AROUND THE SHARK !" (ce qui, certes, ne voulait absolument rien dire, mais les mecs avaient sûrement retenu le "biatches"), ils se sont précipités sur lui, menaçants. Attention, Camille n'est pas un pur connard : les types à qui il a lancé le mégot et la phrase, c'est parce que ils étaient en train de buter un pauvre gamin qui avait rien demandé.
Assis sur un banc, Camille se dit que c'est pas très intelligent, quand on a une leucémie, de vouloir prendre la défense de la veuve et de l'orphelin. Je suis un génie, pas un mec intelligent, pense-t-il en se souriant à lui-même.
Camille immortalise le sang par terre. Son sang. Il est tenté d'interpeller quelqu'un pour lui demander de l'immortaliser, lui, Camille, qui a marave leur gueule a une bande de gros bras dans le Bronx et qui aimerait bien ne pas crever tout de suite.
Merde, y'a du sang partout sur son costume de dandy. Il espère que ça va partir, il les aime bien, ces fringues.
Il sort un mouchoir en soie déjà imbibé de sang de sa poche droite, crache sa bile dedans, s'essuie le nez, allume une clope. Il la laisse entre ses lèvres, plisse les yeux, il est Clint Eastwood, c'est lui The Good, et c'est bien connu, les gentils gagnent toujours et ne meurent jamais. Il se relève avec difficulté et clopine dans les rues pleines de déchets qu'il observe à travers l'objectif de son appareil photo. La vie, c'est mieux qu'une revue d'art.


NOON TOUT NE SE- FINIT PAS COMME ÇA.

text by me, picture by Sirxlem.
# Posté le mercredi 21 mai 2008 15:49
Modifié le mercredi 18 juin 2008 08:08

« Je déteste ces publicités qui se mettent en quatre pour nous donner envie d'acheter un produit à la con dont on a même pas besoin, qui te tutoient pour te vendre du Fanta citron, qui te tutoient si t'es un jeune, parce que les jeunes sont cools et arriérés et qu'il faut les tutoyer sinon ils ne comprennent pas ce qu'on leur dit, et la voix off de minette en chaleur des pubs pour le dédodorant, le rouge à lèvres et les crèmes dépilatoires, parce que toutes les filles entre quinze et vingt ans sont de toute façon des minettes en chaleur, hystériques et obsédées par la tenue de leur déodorant et nageront dans la joie en apprenant qu'on fabrique maintenant des crèmes dépilatoires en spray qui ont un effet en trois minutes sans irritation c'est-à-dire juste le temps que le jeune qu'elles ont ramené d'une quelquonque "teuf" se tape un Fanta citron et le début d'une queue pendant qu'elles se désherberont les jambes et la chatte au spray enfermées dans la salle de bain, et pourront donc passer immédiatement à l'action dès qu'elles en sortiront, imberbes et donc baisables, et leur filer un orgasme de coups de boutoir mal assenés, mais pas de ces vilaines maladies vénériennes qui décimaient les prostituées autrefois, mais qui ne vous décimeront pas, toi et tes pareilles, les jeunes minettes en chaleur, grâce aux préservatifs machin, les préservatifs machin : tape-toi la terre entière, suce des queues, pratique le triolisme et la sodomie en plein air, sur des parkings par exemple, puisqu'il n'y a que ça qui t'intéresse. Les préservatifs machin : plus rien ne t'empêche d'être une salope. » Lolita Pille - Bubble gum

 « Je déteste ces publicités qui se mettent en quatre pour nous donner envie d'acheter un produit à la con dont on a même pas besoin, qui te tutoient pour te vendre du Fanta citron, qui te tutoient si t'es un jeune, parce que les jeunes sont cools et arriérés et qu'il faut les tutoyer sinon ils ne comprennent pas ce qu'on leur dit, et la voix off de minette en chaleur des pubs pour le dédodorant, le rouge à lèvres et les crèmes dépilatoires, parce que toutes les filles entre quinze et vingt ans sont de toute façon des minettes en chaleur, hystériques et obsédées par la tenue de leur déodorant et nageront dans la joie en apprenant qu'on fabrique maintenant des crèmes dépilatoires en spray qui ont un effet en trois minutes sans irritation c'est-à-dire juste le temps que le jeune qu'elles ont ramené d'une quelquonque "teuf" se tape un Fanta citron et le début d'une queue pendant qu'elles se désherberont les jambes et la chatte au spray enfermées dans la salle de bain, et pourront donc passer immédiatement à l'action dès qu'elles en sortiront, imberbes et donc baisables, et leur filer un orgasme de coups de boutoir mal assenés, mais pas de ces vilaines maladies vénériennes qui décimaient les prostituées autrefois, mais qui ne vous décimeront pas, toi et tes pareilles, les jeunes minettes en chaleur, grâce aux préservatifs machin, les préservatifs machin :  tape-toi la terre entière, suce des queues, pratique le triolisme et la sodomie en plein air, sur des parkings par exemple, puisqu'il n'y a que ça qui t'intéresse. Les préservatifs machin : plus rien ne t'empêche d'être une salope. » Lolita Pille - Bubble gum
J'ai recopié une page entière d'un bouquin dans ce titre pour LOUISE. Si ça c'est pas une preuve d'amour. Sache que dans mon p'tit c½ur rouillé y'a de la place pour toi, pour ton désastre capillaire, ta tête de zombie ET pour Élisa Delajungle.

+ YuMi + [ DECOMPOSITION BEAUTY ] :
Elisa elle veut pas t'voir hein =/
[Berry en sucre rose à paillettes] THOMAS <3 トマ || "Le rock & roll est fait pour moi tant qu'on se pique pas pour de vrai. " :
Je comprends, j'ai écrasé des fourmis aujourd'hui, elle a du ressentir leur souffrance, je suis désolée ;__;
Louise :
Elle a parlé avec les fourmis par télépathie =/
T'es grillée
Trouves une excuse !
Berry :
C'EST DIEU QUI ME L'AVAIT DEMANDÉ !
°_____________________°
Louise :
Dieu lui parle pas
DONC t'as un alibi
Ouais elle veut bien t'voir.
Seulement si tu suces
Et seulement si t'aimes les animaux
Berry :
sucer quoi ? des marshmallows, oui 8D & euh ouais j'suis animophile, mon chat c'est l'amour de ma vie & tout (je déconne pas ! c'est le seul qui est toujours là pour moi |D)
Louise :
Ecris-le sur ton blog

Bon bah ça, c'est fait ! 8D
# Posté le dimanche 25 mai 2008 13:34
Modifié le mercredi 18 juin 2008 08:09

« & then you lay waste the world. & everything in it. » Cassie ♥

 « & then you lay waste the world. & everything in it. »  Cassie ♥
Il pleuvait. À grosses gouttes. Camille riait, parce que sa clope venait de se faire éteindre par l'eau qui dégoulinait d'une gouttière et que sa Despe était désormais toute diluée. Bêrk. Il gisait par terre, affalé contre un muret, la tête reposant sur l'épaule d'une de ses nombreuses copines (il aimait bien prononcer ce mot avec la voix de la tapette typique). Et ils rigolaient tous deux comme des bossus. Journée mémorable. Camille ne se rappelait même plus pourquoi c'était une journée mémorable mais en tout cas c'en était bel et bien une.
Les gens changeaient de trottoir en les voyant. Deux vieilles dames à l'air suspicieux, les cheveux rangés dans un affreux capuchon en plastoc et emmaillotées dans un vieil imper couleur merde défraichie, murmuraient entre elles en jetant des regards rapides et brefs au couple atypique qu'ils formaient.
Camille regarde sa copine. Il met au moins cinq secondes à se souvenir de son prénom. Audrey. C'est vrai, ses parents l'avaient nommée ainsi d'après l'actrice. Audrey n'a pas volé son prénom, elle est aussi jolie que l'originale. Sauf que l'originale ne s'affichait pas bourrée dans la rue. C'est pas grave. Camille penche la tête et il mord les lèvres d'Audrey. Ça a un goût de bière et de clope. Il préfère Louise. Louise, quand il l'embrasse, ça a plutôt un goût de yaourt à la vanille. Il aime ça, les yaourts à la vanille. Quoiqu'il en soit, il continue de mordre les lèvres d'Audrey. Juste parce que le jeune couple qui leur passe devant a l'air bien malheureux.
L'eau se mêle à leur baiser. Camille se détache, il rit encore. Il a un léger vertige, alors il passe son bras dans le dos de sa copine, il se colle contre elle, pour se donner l'impression d'être bien retenu par quelque chose.
-Les gens sont tous de vrais trouillards sous leur parapluie ! crie-t-il à un cadre bien sur lui qui se hâte sous un affreux pépin gris et noir. Le type ne doit pas comprendre, c'est du français.
Ils sont tous deux perdus cette nuit.
Camille tire sur sa clope, encore, il se rappelle qu'elle est éteinte. Soudain, il a un haut-le-c½ur. Il se met à cracher du sang, ça fait mal, ça fait mal.
Audrey le regarde, paniquée. C'est vrai, il la connaît depuis... hier, elle ne sait rien de lui, sinon qu'il est beau, bon au lit (en l'occurrence on parlera de parking et de table de billard) et qu'il joue comme un dieu, d'après les magazines de rock à deux balles qu'elle lit tous les jours pour nourrir son imaginaire de groupie dépourvue de toute vertu.
Elle lui tient le bras pendant qu'il vomit ses tripes par terre, elle lui demande si ça va, il a envie de lui dire que oui bien sûr, ça va, ça se voit pas ? il a une meilleure idée.
-C'est rien, j'ai le SIDA.
Elle le fixe, scandalisée, choquée, elle balbutie :
-Mais... tout à l'heure... pas de capote...
Camille éclate d'un rire lugubre et dément.


text by me, picture from skins, quotes from the song "Perdus cette nuit" by BB Brunes
# Posté le samedi 31 mai 2008 15:46
Modifié le mercredi 18 juin 2008 08:09